Biographie

Philosophe, historien de la philosophie et des sciences,  né à Agen, le 1er septembre 1930, Michel Serres entre à l’École navale en 1949 et à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1952. Agrégation de philosophie en 1955. De 1956 à 1958, il sert comme officier de marine sur divers vaisseaux de la Marine nationale : escadre de l’Atlantique, réouverture du canal de Suez, Algérie, escadre de la Méditerranée. Doctorat en 1968. Enseigne à Clermont-Ferrand, Vincennes, Paris I, et Stanford University.

Élu à l’Académie Française , le 29 mars 1990, au fauteuil d’Edgar Faure (18e fauteuil). Auteur d'une trentaine d'ouvrages, Michel Serres se distingue par un parcours atypique qui l'a conduit de l'Ecole navale à l'Académie française, où il est entré en 1991. A partir de 1982, il passe une partie de l'année à enseigner à l'université américaine Stanford. Sans, pour autant, adhérer à la culture d'outre-Atlantique, Michel Serres porte un jugement résolument optimiste sur le développement des nouvelles technologies. Historien des sciences et visionnaire, il se distingue de nombre de ses collègues plus conservateurs en inscrivant les bouleversements actuels de la société dans la continuité de l'évolution de l'homme. Citoyen du savoir, il est un passeur entre sciences exactes et sciences humaines, il concilie pensée classique cartésienne et une conception de la raison qui laisse place à la fragilité des sentiments et de la communication qui font aussi la condition humaine. Mais Michel Serres est aussi un artiste à part entière, il s’associe au Quatuor Ysaie et revisite le texte Les Sept Dernières Paroles du Christ

Le sens de l'info

Entretien hebdomadaire entre les deux Michel : le regard hebdomadaire analytique mais distancé et volontairement décalé du philosophe Michel Serres qui répond à Michel Polacco sur un événement lié à l'actualité de la semaine.

Le sens de l’info, sur France Info tous les dimanche soir

Portrait

Empreinte,le voyage encyclopédique de Michel Serres

Face à la caméra de Catherine Bernstein, Michel Serres, revient sur les lieux de son enfance, sur son plaisir d'écrire et d'enseigner, ainsi que sur sa vocation pour la philosophie. D'un lieu à l'autre, souvent au fil de l'eau, le citoyen du monde, comme il se définit lui-même, prend aussi le temps de confier sa vision de l'existence.

Derniers ouvrages parus

Le tour du monde d'un explorateur des cultures

Une fois bouclé un tour du monde et revenus à la maison, nous nous demandons souvent ce qui caractérise nos idées. Nous croyons, par exemple, que les langues et les cultures humaines diffèrent entre elles alors qu’au contraire toutes les choses faites d’atomes et de molécules, ont une seule et même composition. Cette distinction, Philippe Descola, ethnologue, l’appelle «naturaliste». Elle définit, dit-il, notre Occident, qui, voyageant ainsi, inventa l’ethnologie. Quant aux tribus exotiques ou sauvages, d’Indiens ou d’Aborigènes, il les ordonne en trois autres classes : animistes, totémistes et analogistes. Je me suis servi de son tour du monde pour examiner, à mon tour et sans bouger, notre propre culture.
 Ô surprise, certains de nos écrivains : La Fontaine, Flaubert, Proust… de nos philosophes : Leibniz, Bergson… de nos savants, Galilée, Linné, Schrödinger… se rangent, par leur pensée originale, parmi les Inuits du Grand Nord ou les Amérindiens d’Amazonie... Comment peut-on être persan, disait l’autre. Je reprends : comment puis-je être occidental ? En faisant, mais autrement, un tour du monde.

Editions du Pommier

"Entre mer et Serres "

Robert Maggiori Libération

Renard. Le philosophe dresse une autre carte du monde, dont les cinq continents deviennent des archipels où se célèbrent les noces de nature et culture.

Elle est «fille de joie», la connaissance. Inquiète, «ignorante et naïve», ni complète ni autoritaire, «toujours à l’épreuve, changeante et patiente, légère et mobile, perdue souvent, toujours éperdue, passionnée jusqu’à la folie, résignée à des intuitions étrangères et à ne jamais savourer de victoire», elle fait de ses cueillettes dans les champs ou de ses plongées autant d’occasions d’une «liesse quasi religieuse» ou d’un ravissement d’enfant. Michel Serres, lui, est poisson. lire la suite sur liberation

Entretien à l'occasion de la sortie des livres la "Guerre Mondiale" et le Mal propre aux éditions le Pommier 

Médiathèque George Sand, le 6 décembre 2008

Retrouvez les principaux écrits de Michel Serres