Biographie

xavier_le_pichon.jpg Il détient depuis 1986 la chaire de géodynamique au Collège de France. Il publie notamment un modèle de tectonique des plaques en 1966. Ce modèle basé sur six plaques inclut leurs déplacements relatifs.

Professeur au Collège de France, édaille d'argent du CNRS, membre de l'Académie des Sciences il recoit le prix Balzan en 2002. Geologie.

Pionnier de la tectonique des plaques,

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Axe de la dorsale Pacifique Est à 13°N - Cyatherm (Cy82-09) - 2606 m. Une fissure dans le plancher océanique.© IFREMER

Il a joué un rôle primordial dans l'étude des frontières des plaques; cela l'a conduit à l'exploration des grands fonds marins à bord de sous-marins en plongée. La contribution de Xavier Le Pichon à la théorie de la tectonique des plaques a été déterminante. Il a été le premier à concevoir un modèle global fondé sur des analyses quantitatives.

Pour définir les mouvements des plaques rigides il faut prendre en considération les frontières d'une douzaine de plaques, la position géographique du pôle de rotation et les vitesses angulaires qui y sont associées. Les principes d'une telle approche ont été présentés par W.J. Morgan et D.P. McKenzie & R.L. Parker en 1967. En utilisant cette méthodologie Xavier Le Pichon a réalisé, en 1968, une carte globale des mouvements des six plus grandes plaques, qui a servi de base pour une meilleure compréhension de la distribution des tremblements de terre et pour la reconstruction à grande échelle de la configuration des continents et des bassins océaniques dans le passé.

Le livre qu'il a publié en 1973, avec Jean Bonnin et Jean Francheteau (Plate Tectonics), a été pendant des années le texte de référence sur cette théorie. Dans un second temps Xavier Le Pichon a joué un rôle de premier plan dans l'exploration des grands fonds océaniques en sous-marins. En 1973 il a dirigé avec Jim Heirtzler et Bob Ballard le French American Midocean Ridge Study FAMOUS

Cette expédition a marqué le début d'un nouveau type d'études de haute résolution sur les failles océaniques et leurs sources hydrothermales. De 1979 à 1981, il a étendu cette méthode de recherche aux fosses de la Méditerranée orientale et, à partir de 1984, aux fosses de l'océan Pacifique situées au large du Japon. Cela lui a permis d'étudier les frontières tant des plaques convergentes que des plaques divergentes, ainsi que les processus géophysiques, géologiques et géochimiques dans ces différents milieux. Le rôle qu'y jouent les fluides n'est pas seulement important pour les tremblements de terre mais aussi pour l'équilibre géochimique des océans et pour la biologie des organismes qui vivent à proximité d'une source chaude. A partir de la fin des années 90 les méthodes géodésiques avec l'utilisation de satellites lui ont permis d'expliquer la déformation inter-sismique.

La contribution de Xavier Le Pichon à la "Science des systèmes terrestres" est aussi importante à l'intérieur de la communauté géologique qu'à l'extérieur. Son rôle de chef de file dans le développement de la géologie marine en France et dans de nombreux programmes internationaux ainsi que sa capacité d'associer mathématique, géophysique et géologie sont à la base de son excellent travail d'équipe et de guide de jeunes talents dans le domaine des sciences de la terre. La tectonique des plaques écouter la conférence de novembre 2008 prononcée aux bureaux des Longitudes

De la dérive des continents à la tectonique des plaques

Lorsque j'ai commencé ma carrière de chercheur en 1959, nous ne connaissions même pas l'existence de la dorsale médio-océanique, la plus grande structure de notre planète puisqu'elle fait 60 000 kilomètres de long. L'océan était considéré comme au moins aussi âgé que les continents. Or nous avons découvert qu'il était trente fois plus jeune. Nos connaissances sur la partie de la Terre recouverte par l'eau étaient donc embryonnaires. C'est l'exploration des océans qui a conduit à élaborer dans les années soixante la tectonique des plaques proposant pour la première fois un modèle quantitatif cohérent de l'évolution de notre planète. Paradoxalement, ce modèle, encore très schématique, s'appuyait sur des données entièrement océaniques. Aujourd'hui, grâce aux techniques géodésiques spatiales, la tectonique des plaques progresse très rapidement à partir de données concernant cette fois exclusivement les continents. Ce n'est plus simplement le mouvement des grandes plaques qui est déterminé. On obtient désormais la description détaillée des déformations continues qui affectent les frontières de plaque et qui se traduisent par l'activité sismique. On atteint ainsi une compréhension bien meilleure de ce que l'on appelle le cycle sismique, cycle qui amène le retour semi-périodique des très grands séismes."

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